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 Dirty Harry vs. Tree Huggers

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SamBot
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Localisation : Toulouse
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MessageSujet: Dirty Harry vs. Tree Huggers   Lun 20 Juin à 15:26

Clint Eastwood présente
Requin des bois


Les écologistes se battent depuis plusieurs années contre le projet d'un huitième golf sur la péninsule Pebble Beach en Californie, domaine réservé de l'acteur-réalisateur. Mais Clint Eastwood est un promoteur immobilier aussi têtu que puissant.

«En voilà une belle ! Quelle chance !» David Dilworth est heureux. Tapie dans les sous-bois, parmi les épines de pins, l'orchidée Piperia yadonii dresse la tête. Une sorte de toute petite asperge verte, avec de minuscules fleurs blanches qu'il faudrait apprécier à l'aide d'une loupe. «Elle est extrêmement rare, elle fait partie des espèces en danger», explique le directeur de Hope (Helping our Peninsula's Environnement). Il n'en reste plus que quelques dizaines de milliers sur terre, principalement ici, sur la péninsule de Pebble Beach, à deux heures et demie de route au sud de San Francisco. A l'écouter, ainsi que d'autres organisations environnementales, un redoutable prédateur la menace. Son nom : Clint Eastwood.

L'orchidée de Yadon n'est pas la seule dans cette situation. La grenouille à cuisse rouge (Rana draytonii), rendue célèbre par Mark Twain (1) et qu'on a cru longtemps disparue, est une autre victime potentielle de l'inspecteur Harry. Sans oublier les pins de Monterey eux-mêmes, autre espèce menacée.

L'acteur, qui règne sur la péninsule, veut faire construire un nouveau terrain de golf, et a besoin pour cela d'arracher 17 000 de ces pins rares. Depuis plusieurs années, les écologistes se battent contre ce projet, avec l'appui de l'administration californienne chargée de veiller à la préservation de la côte. Mais Clint Eastwood est un homme à la fois puissant et têtu. Il juge leurs inquiétudes infondées. Il ne veut, jure-t-il, que préserver le «bijou» que représente Pebble Beach où il a une maison.

Thoiry à la californienne

A 75 ans, Eastwood est un drôle d'homme. Tout le monde connaît son métier principal : il tourne des films formidables. Bruts et fins, clairs et obscurs, simples et complexes. Son métier secondaire est moins connu : c'est la promotion immobilière dans ce petit coin de Californie. Il est tombé amoureux de cette péninsule en 1950, lorsqu'il était soldat, basé sur la base militaire locale, Ford Ord.

Il y a près de vingt ans, juste après avoir tourné Pale Rider, il s'est fait élire maire de Carmel, le village léché d'à côté. Pourquoi ? Parce qu'iI fulminait contre l'administration municipale, qui bloquait son projet de bâtir un immeuble commercial dans le centre-ville chic pastel. Une fois élu, il a fait le ménage dans les services d'urbanisme. Il a construit son bâtiment, acceptant toutefois de troquer le béton pour du bois. Il est resté maire deux ans, avant de se lasser et retourner à ses films. Mais le village, rebaptisé «Clintville» par les médias, continue à porter sa marque...

En 1999, l'année de Jugé coupable, Clint est devenu propriétaire, avec un groupe d'associés, du consortium Pebble Beach Company, la société chargée de gérer la moitié de la péninsule de Monterey. Il s'agit d'une gigantesque communauté privée et clôturée («gated community»), sertie par des plages et des rochers magnifiques. Les touristes qui suivent la route 1, de San Francisco à Los Angeles, la traversent souvent. Après avoir payé un octroi de 8,5 dollars à l'entrée, ils serpentent parmi d'énormes maisons souvent vides et très laides, des golfs, pas moins de sept... Des hôtels... Une sorte de Thoiry dans lequel on aurait remplacé les animaux par des retraités riches. Ici, une maison coûte 6 à 8 millions de dollars. Faire une partie de golf revient à 300 dollars. Il faut débourser 150 000 dollars ou devenir membre d'un des country clubs, ce qui donne accès à des terrains de golf encore moins fréquentés. Si par malheur vous posez le pied sur l'un de ces terrains, une joueuse fardée vous saute dessus : «Mais vous ne pouvez pas entrer ici avec des jeans !» Mais Pebble Beach contient aussi les restes d'une belle forêt, quelques rares orchidées et grenouilles.

Avec ses partenaires (dont la légende du golf Arnold Palmer, et l'ancien organisateur des JO de Los Angeles Peter Ueberroth), Clint a proposé un plan de développement prévoyant, d'un côté, la préservation «à jamais» de 200 hectares de forêt, et, de l'autre, la construction d'un nouveau golf et de 33 nouvelles demeures, 60 logements pour les employés, des hôtels, etc. Les écologistes se sont étranglés, criant au «désastre écologique».

Prenant les devants, Clint Eastwood et ses amis ont alors soumis leur «plan pour la préservation et la promotion de la forêt Del Monte» à un référendum local. En novembre 2000, l'année de Space cowboys, ils l'ont emporté avec 66 % des voix. «Pendant la campagne, Clint Eastwood avait diffusé un spot de télé dans lequel il marchait dans les bois et appelait à voter pour "sauver la forêt". C'est la plus grande arnaque de l'histoire de la promotion immobilière !», s'emporte Ted Hunter, 86 ans, le président de l'association des «résidents concernés». Autrefois, Hunter dirigeait une autre association, celle des propriétaires, qui est cul et chemise avec la Pebble Beach Company. Mais il n'a pas eu de chance, le terrain de golf va être construit juste devant sa maison et les bois qu'il regarde chaque matin vont disparaître. Si nombre de ses voisins ont voté en faveur du plan, c'est uniquement parce que «la valeur de leur propriété va encore grimper», grogne-t-il.

Les «câlineurs d'arbres»

Le référendum local est loin d'avoir calmé la controverse. Les militants locaux se sont jurés de faire dérailler le projet. David Dilworth, le directeur de Hope, est le plus vibrant d'entre eux. Il a la trogne de Mark Twain, justement, et ponctue ses propos par de nombreux éclats de rire. Agé de 52 ans, c'est un enfant de la région, qui a fait de nombreux métiers, d'informaticien à coureur automobile, en passant par moniteur de deltaplane. «Adolescent, je courais dans ces arbres. Je les ai vus disparaître peu à peu, comme un phénomène d'érosion. Je me battrai jusqu'au bout pour eux.» Il revendique l'étiquette de «tree huggers» (câlineur d'arbres), généralement utilisée de façon péjorative. Lorsqu'il se promène dans les bois menacés, il ne cesse de s'extasier. «Oh, j'adore ces bébés pins»... «écoutez ce pivert»... «ici, la forêt est pure, elle est exactement la même que lorsque les Européens l'ont découverte pour la première fois».

Le mois dernier, Dilworth et Eastwood ont eu une petite altercation. L'acteur avait invité Gale Norton, secrétaire à l'Intérieur de l'administration Bush, à venir planter des arbres en compagnie d'élèves d'une école du coin. Dilworth est là, muni d'un panneau, pour protester contre «la destruction de Pebble Beach». Eastwood l'aperçoit et s'énerve : «Tout ce que tu fais, c'est causer. Pourquoi tu viens pas planter quelques arbres ?» Dillworth : «On avait jusque-là des relations courtoises, mais ce jour-là, ça s'est aggravé.» A notre surprise, Dillworth ne connaît pas les films de son puissant adversaire : «Je ne les regarde pas, je le connais assez comme ça», se justifie-t-il. Ou alors, il a peur de les aimer ?

Le bon, la brute et le truand...

A quelques kilomètres de là, sur une route le long des collines, se trouve le quartier général de l'équipe dévouée à Eastwood, la société Carmel Developpement. Les bureaux occupent de vieilles maisons en bois peintes en blanc, entourées de magnifiques chênes et marronniers. Ce jour-là, Clint Eastwood n'est pas dans les parages, il est à Los Angeles. Alan Williams, le bras droit de la star dans ses opérations immobilières, règne sur les lieux. C'est un homme taillé comme un sanglier, avec poignée de main musclée et un solide regard bleu. Il sort une grande carte, et explique : «Nos opposants ne parlent que d'une petite partie du projet, le golf. Mais c'est regarder par le petit bout de la lorgnette. On va perturber quelques milliers de pins ici, mais le plan prévoit de protéger des zones forestières très importantes : ce sont ces taches vertes, que vous voyez, là et là.» A l'écouter, Clint Eastwood n'a qu'une idée en tête, protéger ce magnifique bout de côte. Mais alors, le golf ? «La protection de ces forêts a un coût, et il faut pérenniser un revenu permettant de le financer. C'est pour cela que l'on fait ce golf», dit-il. Quand aux grenouilles menacées, assure-t-il, «elles se plaisent aussi dans les étangs des golfs»...

A l'intérieur de Pebble Beach, les riches habitants sont déchirés. Il y a ceux, majoritaires, qui considèrent Clint comme le «bon» et ceux qui le considèrent comme la «brute» doublée du «truand». Sur un terrain de golf, deux joueuses s'opposent : «Les golfs, c'est très bien, ça nous protège des incendies», dit l'une. «Ils sont en train de saccager Pebble Beach ! On a pas besoin d'un huitième terrain de golf», coupe l'autre, assise dans une voiturette. Ici, le mode de vie de l'acteur («toutes ces jeunes femmes, quand même !») ne plaît guère. Mais bon, les précédents proprios de Pebble Beach Company étaient pires. «Ma famille vit ici depuis trois générations. Cette nouvelle équipe est meilleure que toutes celles qu'on a eues. Certes, on n'a pas besoin d'un nouveau golf, mais il faut être réaliste : Eastwood et ses amis font du business», déclare Lucy Hook Willman, qui promène ses deux petits chiens.

La côte a un os

Clint Eastwood, républicain, ne manque pas d'amis. Les édiles du comté de Monterey sont dans sa poche. Il connaît bien le gouverneur de Californie, son collègue Schwarzenegger. Mais il reste un os, la commission chargée de la protection de la côte. Référendum ou pas, celle-ci ne veut pas entendre parler d'un nouveau golf dans la péninsule. «Cela fait plusieurs années qu'on leur dit que leur projet est contraire à la loi de Californie, mais ils n'en démordent pas. Ils considèrent qu'ils sont des types bien, alors ils refusent de l'amender», constate Peter Douglas, le directeur de la Coastal Commission, interrogé par téléphone. «La Pebble Beach Company pousse très fort, du côté politique. Mais ils peuvent pousser tant qu'ils le veulent, leur plan n'est pas conforme à la loi. Et la loi, c'est la loi.»

Le 15 mars dernier, malgré les mises en garde de la commission, le conseil du comté de Monterey a approuvé le plan Eastwood. Dillworth a aussitôt saisi le tribunal local pour contester la légalité de ce feu vert. La Coastal Commission, de son côté, attend d'être formellement saisie, et s'apprête à mettre son veto. Alan Williams, le bras droit de Clint, se dit prêt à contester la décision de la commission en justice... Bref, l'affaire promet de suivre quelques méandres judiciaires. Soit quelques années de répit pour les orchidées de Yadon et les grenouilles à pattes rouges.

Source : Pascal RICHE (Liberation - lundi 20 juin 2005)

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On a beau être un génie, ça n'empêche pas d'être un gros con ! Décevant !
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mayhem
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MessageSujet: Re: Dirty Harry vs. Tree Huggers   Mar 21 Juin à 16:49

il fait chier avec son golf Mr Eastwood Bide
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